mardi, 08 avril 2008
J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchetrit ***





Une cafétéria sinistrissime sur une aire d’autoroute… des losers s’y croisent sans vraiment toujours forcément se rencontrer en quatre sketches savoureux et un tantinet barrés ! Un braqueur (Edouard Baer, méconnaissable et impeccable) sans arme tente un casse devant une serveuse armée (Anna Mouglalis, belle, simple, drôle, ÉPATANTE !), deux paumés kidnappent une riche ado suicidaire qui les transforme en nounous (Bouli Lanners et Serge Larivière : IMPAYABLES !!!), deux chanteurs cinquantenaires très égocentriques (Arno et Alain Bashung : MAGNIFIQUES) se font des reproches mielleux tout en hypocrisie et cinq anciens gangsters, aujourd’hui septuagénaires rêvent d’un dernier braquage (Jean Rochefort, Laurent Terzieff, Roger Dumas, Jean-Pierre Kalfon, Venantino Venantini… on les dévore des yeux, on écoute leur voix…).
Samuel Benchetrit doit être un foutu sale type et sans doute ex tueur de critiques parigots-tête-de-veau pour avoir déchaîné les foudres haineuses de certains de ces critiques. A cause d’eux, j’ai failli me laisser influencer tant j’ai entendu d’horreurs sur ce film et rater ce petit bijou hors normes, hors du commun et absolument indispensable aux amoureux du cinéma. Car Samuel Benchetrit aime le cinéma et le prouve pendant 112 minutes délicieusement drôles et imprévisiblement émouvantes. De toute façon, un film dans lequel trônent les photos de Clitiss Wood, Paul Newman, Al Pacino, Robert de Niro, Jean-Paul Belmondo… ne peut pas être mauvais. Et celui-ci est bon, surprenant, nouveau, inattendu, imprévisible, étonnant, étourdissant, burlesque… On rit, on rit beaucoup, des losers aussi attachants sont forcément séduisants et touchants mais aussi, alors qu’on s’y attend si peu et parce que TOUS les acteurs sont impliqués dans ces petites histoires banales et surprenantes, l’émotion flotte, affleure et nous cueille dans un sourire béat qui s’embue soudain.
Samuel Benchetrit aime le cinéma à la folie… alors pour ceux qui, comme lui, l’aiment tant, ce film vivant, vibrant et nonchalant est un CADEAU, rien de plus, rien de moins.
Quand le noir et blanc est si incontournable, quand la bande son vous met des fourmis dans les pattes et quand les comparaisons sont aussi prestigieuses (Jim Jarmush, le cinéma italien, le cinéma muet et même… j’ose le dire, lors de la toute dernière image j’ai « vu » Charles Chaplin et Paulette Goddard s’éloigner !),
on dit merci,
on dit bravo,
on dit encore.

07:31 Publié dans - LES FILMS *** - Ne les ratez pas Aaah Oui ! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : j'ai toujours rêvé d'être un gangster, cinéma




















